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mar 22
2009
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Gerets n'est pas adepte de la langue de bois, on le sait. Après la qualification en UEFA à Amsterdam, Gerets ne tardait pas à annonçer la couleur :
" Aujourd'hui, c'était très passionnant. Cela devient plus agréable puisque l'on se rapproche d'un rêve qui peut se réaliser. Là, on vient de vivre plus qu'une belle semaine. "
Dans le même temps, Laurent Blanc contraste :
"En termes de confrontations directes avec nos concurrents, nous ne sommes concernés que par deux matches (Lyon à domicile, et Rennes à l'extérieur, ), alors que d'autres en auront plus. Mais je ne suis pas certain que jouer face à des équipes luttant pour leur maintien soit plus facile. Et je le répète, Bordeaux ne joue pas le titre"
Ne pas y croire à la limite serait simplement pessimiste mais ne "pas le jouer" , ça frôle l'hypocrisie. Gerets n'attend pas pour réagir :
"Je crois que je suis quelqu'un qui ose le dire. Ça me fait rigoler si nos concurrents, vous savez ceux de la région où il y a du bon vin, disent qu'ils ne pensent pas au titre. Laurent se trouve comme un poisson, dans l'eau, il n'a pas beaucoup de pression et nous autres on a tout sur la tête avec Lyon. Mais c'est bien."
Derrière ces échanges médiatiques, deux méthodes de communication se dégagent !
A Marseille, une fenêtre s'entrouvre vers le titre de champion mais les concurrents sont nombreux et Lyon garde la main en battant Sochaux 2 à 0... Objectivement, la plus haute marche du podium reste très hypothétique. Pourtant, dans la ville de Marseille où règne une vraie passion pour l'OM, Gerets ne fait pas qu'assumer la pression, il la renforce... Cette pression qu'on qualifie souvent d'élément négatif qui pourrait faire craquer nos joueurs inconstants, serait - elle finalement selon Gerets une source de motivation ? Ou pense t'il que la fuir ne fait que retarder le rendez-vous et que lui faire face permet d'en parler afin de mieux l'évacuer, comme chez le psy ?
Laurent Blanc choisit la méthode opposée "On ne joue pas le titre" et sous-entend ainsi que son groupe, brillant dauphin du dernier championnat n'en est pas capable. Il dévalorise d'une certaine manière ses joueurs et espère peut-être les piquer au vif... mais surtout, il espère se libérer du statut de favori pour aborder le sprint final avec le relâchement d'un outsider. Cette décontraction traditionnellement positive pourrait également être néfaste sur la capacité de réaction car après tout, "Si Bordeaux est 3ème, c'est que c'est notre place" peuvent se dire inconsciemment des joueurs, nourris de fatalisme. Par ailleurs, si Bordeaux se retrouve en bonne place à 2 journées de la fin, le brutal changement de statut des joueurs ne risque pas de les désorienter si ils ne s'y sont pas préparés ?
Gerets veut probablement démultiplier le volontarisme de ces joueurs, "C'est possible, vous êtes capables, il faut tout faire pour y arriver ! La pression ? N'ayez crainte, l'émotion de la victoire est plus forte que la déception de la défaite" pourrait-il leur dire pendant que Blanc préfère fuir le stress "Malheureusement, le titre n'est pas pour nous... mais jouez sans arrière pensée, sur un malentendu, ça peut marcher".
Deux méthodes pour deux entraîneurs talentueux, l'avenir nous dira qui a raison !

Par Laurexia, mars 23, 2009
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